Le Haut Conseil du Dialogue Social

01. LE 2 OCTOBRE DERNIER, VOUS AVEZ ETE NOMME A LA PRESIDENCE DU HAUT CONSEIL DU DIALOGUE SOCIAL. EST-CE LE SALAIRE DE L’ENGAGEMENT ?

Les leaders actuels du Sénégal ont en commun leur jeunesse, leur vécu syndical et leur éducation religieuse. Le pouvoir issu du 24 mars 2024 se gouverne par des choix d’hommes et de femmes, qui vont asseoir un Sénégal souverain, juste et prospère. Pour ma nomination, je la considère comme une contribution attendue de moi pour la réalisation de ce Sénégal, aux côtés du Président et du Premier ministre. Il s’agit plus précisément, en ce qui me concerne, de contribuer à garantir une paix sociale durable

02. UN ANCIEN SYNDICALISTE QUI JOUE LE ROLE DE SAPEUR-POMPIER. PENSEZ-VOUS ETRE L’HOMME QU’IL FAUT ?

D’abord, retenons que le front n’est pas en ébullition. Ce qui recentre le travail de notre institution sur la prévention, et nous avons inscrit notre action dans l’anticipation. Mieux, je vais consacrer l’essentiel de mes efforts sur l’avenir du travail.

03. QUELLES SONT, SELON VOUS, LES RECETTES POUR CONDUIRE CETTE INSTITUTION A BON PORT ?

C’est la valorisation du capital humain ! Nous adosserons la vision de l’institution à une théorie du changement à même de faire des travailleurs les moteurs de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Notre crédo est la restauration du climat de confiance entre les acteurs, par le respect des engagements de part et d’autre.

04. UNE RENCONTRE TRIPARTITE AVAIT REUNI L’ETAT, LES CENTRALES SYNDICALES ET LE PATRONAT. EN TANT QU’AUTORITE EN CHARGE DU DIALOGUE SOCIAL, QUELS SONT LES JALONS QUE VOUS COMPTEZ POSER POUR LA MISE EN PLACE DU PACTE DE STABILITE SOCIALE AVANT LE 1ER MAI ?

Effectivement, à la suite de la grande rencontre tripartite organisée par le gouvernement, sous la présidence de Monsieur le Premier Ministre Ousmane Sonko avec les partenaires sociaux employeurs et travailleurs au Grand Théâtre, pour échanger sur la réalité de la situation économique difficile du pays, telle que révélée par le rapport d’audit de la Cour des Comptes, le gouvernement a engagé des discussions franches et inclusives avec toutes les forces sociales du pays en vue de pacifier les relations professionnelles et d’avoir un climat social apaisé propice à la relance économique, plus qu’urgente pour le relèvement de la situation macroéconomique de notre pays. Bien évidemment, le Haut conseil du dialogue social (Hcds) que j’ai l’honneur de diriger était présent à la grande rencontre tripartite, ainsi qu’aux discussions qui l’ont précédé. Conformément à sa mission de promotion du dialogue social à l’échelle nationale, le Hcds compte également jouer sa partition pour le succès de ces échanges tripartites devant aboutir à la signature d’un nouveau Pacte de stabilité sociale, comme l’ont souhaité Son Excellence le président de la République et Monsieur le Premier Ministre. En effet, le Hcds, en tant qu’institution nationale tripartite et paritaire, regroupant donc des représentants de toutes les parties prenantes au Pacte social, a un rôle essentiel à jouer pour le succès de ce processus devant aboutir à la signature du nouveau Pacte de stabilité sociale. Il faut rappeler que notre pays n’en est pas à sa première expérience de signature d’un Pacte social. Antérieurement, le Sénégal avait connu des Pactes sociaux sectoriels signés dans les secteurs du pétrole et du gaz en 2008 et en 2016 et, plus récemment, dans les secteurs du Tourisme et des Transports aériens en 2021, pour faire face aux impacts de la Covid 19. Il serait d’un bon ton d’envisager la généralisation de ces pactes sectoriels, au-delà du pacte social avec les centrales syndicales et le patronat. A l’échelle nationale également, à l’occasion de la première Conférence sociale tenue en avril 2014, le gouvernement et les partenaires – sociaux (patronat et centrales syndicales de travailleurs) avaient, signé le 15 avril 2014, le premier Pacte national de stabilité sociale et d’émergence économique (Pnssee), ayant permis d’avoir une trêve sociale, qui a grandement à contribué à l’apaisement du climat social au niveau interprofessionnel. Ce qui avait permis à notre pays d’être épargné d’une grève générale des travailleurs pendant plusieurs années. A ce titre, le Haut conseil du dialogue social, en tant qu’institution partite de dialogue social, avait pour mission d’assurer justement le Secrétariat exécutif du Pacte national de stabilité sociale, et était chargé de l’animation dudit Pacte ainsi que de la coordination de son dispositif global de suivi et d’évaluation. Dans ce nouveau processus également, il est pleinement impliqué et compte jouer sa partition, selon les missions qui lui seront confiées, pour le succès attendu et la signature d’un nouveau Pacte de stabilité sociale avant le 1er mai 2025, conformément à la volonté exprimée par les plus hautes autorités du pays.

05. EST-CE QUE DU COTE DE L’ÉTAT TOUT EST FIN PRET POUR ARRIVER A CE PACTE ?

Bien évidemment que le gouvernement est fin prêt. Car, il faut rappeler que l’initiative d’aller vers la signature d’un nouveau Pacte de stabilité sociale est, d’abord, une volonté exprimée par le chef de l’État et le gouvernement, qui en a également posé les premiers jalons. C’est à ce titre, qu’en prélude aux négociations sur le Pacte qui vont démarrer incessamment, le gouvernement, sous l’impulsion du ministère en charge du Travail, est en train d’examiner, avec tous les départements ministériels concernés et le Hcds, la plateforme revendicative minimale déposée par les centrales syndicales de travailleurs, intégrant également les doléances des travailleurs au niveau sectoriel, notamment dans les secteurs public et parapublic. Ces travaux qui ont démarré depuis la semaine dernière, se poursuivent cette semaine également, et le gouvernement est en train d’apporter des réponses aux différentes préoccupations soulevées. A l’issue de cette première étape, les discussions sur le projet du Pacte de stabilité sociale vont suivre avec le recueil des attentes des différentes parties prenantes, en vue d’aller vers les négociations qui vont aboutir à la signature de ce Pacte social qui est, encore une fois, essentiel pour la stabilité sociale et le redressement économique de notre cher Sénégal. Ces objectifs visés nécessitent un sursaut national et la contribution positive de toutes les forces vives de la nation, principalement, celles des acteurs du monde du travail. Le Hcds, en tant qu’institution chargée de la promotion du dialogue social, appelle tous les mandants tripartites à la prise en compte de la situation économique nationale alarmante dans l’expression de leurs doléances, pour aboutir à la signature d’un Pacte de stabilité sociale réaliste et bénéfique pour toutes les parties prenantes.

06. DES EXIGENCES ONT ETE POSEES PAR LES CENTRALES SYNDICALES. COMMENT COMPTEZ-VOUS LES REGLER ?

En milieu de travail, il y a et y aura toujours des exigences posées par les syndicats lors des négociations professionnelles. Justement, l’objectif des négociations initiées par le gouvernement est de rechercher des solutions à partenaires sociaux, en tenant compte des possibilités des finances publiques, dans cette grisaille économique particulièrement préoccupante pour notre pays, et qui nous interpelle tous. Pour sa part, le Hcds, conformément à son équidistance et à sa mission transversale de facilitation et de médiation sociale entre les différentes parties prenantes, entreprendra à jouer pleinement sa partition durant les travaux lancés par le gouvernement avec les partenaires sociaux nationaux et sectoriels, en vue d’aboutir à la signature du nouveau Pacte de stabilité sociale avant le 1er mai.

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