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Innocence Ntap N’diaye – Présidente du HCDS

L’œuvre à laquelle nous sommes conviés à travers le Haut Conseil du Dialogue social est, d’une part, de jeter les bases solides d’un climat social apaisé pouvant assurer la création de richesses, mais aussi, d’autre part, de susciter une culture du dialogue social pouvant garantir une redistribution équitable de ces richesses.

Telle est l’ambition des grandes Nations : mettre en œuvre des politiques susceptibles de procurer davantage de bien être aux populations en général, aux masses laborieuses en particulier.

Les aspirations fortes des salariés à un travail décent et les attentes légitimes du Gouvernement en matière de climat social apaisé ne peuvent être satisfaites que par l’ancrage de la justice sociale et la promotion d’un dialogue social franc et fécond.

Toutes ces problématiques sont intégrées en bonne place dans les trois axes du Plan Sénégal Emergent, notre unique référentiel des politiques économiques et sociales en cours dans notre pays.

Notre législation sociale offre certes des procédures de règlement des différends individuels et collectifs pouvant survenir dans les entreprises.
Toutefois, compte tenu des défis de productivité du travail inhérents aux exigences universelles de compétitivité des entreprises, il convient de mettre en œuvre des stratégies de désamorcement des conflits de travail et d’atténuation de leurs conséquences néfastes sur l’économie et la cohésion sociale.

A cet effet, la médiation sociale constitue un dispositif approprié.

Aussi, tirant profit de la représentation du Gouvernement et des partenaires sociaux au niveau de ses organes, le Haut Conseil du Dialogue social entend jouer pleinement sa partition dans la médiation sociale.

C’est bien plus, sur le terrain du renforcement des capacités de vos mandataires dans les domaines de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits sociaux que nous serons attendus.

Bien plus qu’une voie abordable de recherche de solutions de sortie de crise, le dialogue social est aussi et surtout un boulevard aisé à emprunter pour éviter, pour contourner les conflits.

Aussi, devrons-nous nous employer à mettre en place des mécanismes adaptés de dialogue social à l’échelle nationale et à tous les niveaux sectoriels.

Il s’agit là d’une dimension fondamentale des missions dévolues au Haut Conseil du Dialogue social qui nécessite une véritable rénovation sociale.

Ensemble, nous devrons nous engager dans les chantiers de cette rénovation qui vont nous mener vers la réactualisation des textes qui régissent les relations professionnelles des secteurs privé et public, dispositions dont la plupart datent des indépendances.

En attendant, nous allons exploiter toutes les opportunités offertes par la législation actuelle pour impulser les procédures de négociation au sein des entreprises.
La mise en place de comités de dialogue social dans chaque entreprise de plus de dix travailleurs ainsi qu’au niveau de chacune des branches et secteurs d’activité est une de ces opportunités.

Les comités de dialogue social ont pour mission de promouvoir le dialogue social en vue d’améliorer le climat social et les conditions de travail et la productivité au sein des entreprises et des services.

Un programme d’installation et de redynamisation de ces comités de dialogue social dans l’ensemble du pays sera élaboré incessamment.

L’encadrement de ces comités et la mutualisation de leurs expériences respectives contribueront à coup sûr à pérenniser un climat social apaisé.

Les membres de ces comités de dialogue social développeront des synergies avec les délégués du personnel au sein des entreprises en vue de leur permettre d’atteindre des performances appréciables.

Ensemble, sous l’inspiration de Son Excellence Monsieur Macky Sall , Président de la République , mais usant de cette même approche novatrice, Gouvernement, centrales syndicales de travailleurs et organisations patronales ont pu parvenir à la signature, le 15 avril 2014 du Pacte national de Stabilité sociale et d’Emergence économique.

Un Pacte, qui, par la trêve sociale de trois ans qu’il instaure, constitue une contribution appréciable des acteurs du Monde du Travail à l’atteinte de nos objectifs de développement économique empreint de progrès social à l’horizon 2035.

Le Haut Conseil du Dialogue social apportera aussi sa pierre à cet édifice, par sa capacité de conception, de coordination et d’exécution de l’ensemble des mesures prises dans le cadre du Pacte.

Il le fera en relation avec les services centraux et décentralisés du Ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions.

Les bonnes politiques sont celles qui découlent d’une bonne prospective.

En toute chose, il faut scruter les opportunités du futur pour cerner les défis de demain et éclairer les décisions d’aujourd’hui. Le Monde du Travail, siège de mutations rapides, n’échappe pas à cette règle.

Tout au long de notre mandat, nous ne manquerons donc pas d’adopter, chaque fois que de besoin, une posture d’anticipation en menant des études sur la situation et les perspectives du dialogue social dont nous établirons annuellement un rapport sur son état.

La tâche sera ardue. Mais le challenge en vaut le coup.

Et pour ne pas abuser davantage de votre temps, ce temps à propos duquel un éminent penseur disait « nous tuons le temps, mais il nous enterre », je termine en ces termes pour dire que le temps est à l’action.