Innocence Ntap Ndiaye : «Stratégiquement, nous devons être dans la prévention des conflits plutôt que dans leur résolution»

Le Haut conseil du dialogue social (HCDS) a tenu, sous la houlette de sa présidente Innocence Ntap Ndiaye, du 21 au 24 août à Dakar, sa neuvième assemblée plénière relative à la Revue annuelle conjointe de la Politique économique et sociale (RAC) consacrée au bilan des réalisations de l’année 2017.

Lessentiel : Vous venez de terminer la 9e assemblée plénière du Haut conseil du dialogue social. Pouvez-vous revenir sur les temps forts de vos travaux ?

Innocence Ntap Ndiaye : L’agenda de la 9e Session du Dialogue social portait essentiellement sur des thématiques à contenus économiques parce que si nous voulons parler de la déclaration de principe tripartite sur les multinationales, c’est au regard de leur impact socio-économique dans le paysage global économique du pays. Si nous avons également parlé de la Revue annuelle conjointe (RAC), c’est sur ce document de référence du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan qui fait le tour de la situation économique du pays secteur par secteur et dans lequel on définit certains indicateurs de suivi de l’économique et du social et en dernier temps, nous avons le Recensement général des entreprises avec ce que nous appelons les contours de l’économie du pays en termes de secteur formel et secteur informel. En termes de secteurs, quel est le secteur qui apporte le plus au PIB du Sénégal. Il était question pour les membres du Haut conseil, d’aller au-delà du renforcement de capacité de tous les membres. Il faut le dire, le Haut conseil est composé de personnalités qui viennent de différents secteurs. Il est tripartite parce qu’il y a les travailleurs, le patronat et le gouvernement. Ce qui est valable pour un groupe ne l’est pas forcément pour l’autre. Mais toujours est-il que ce sont des femmes et des hommes d’expériences et toutes les questions ont été abordées en présence de personnes-ressources de qualité.

Et il me plait de nommer M. Ibrahima Sarr, l’ancien ministre du Budget qui est aujourd’hui à la tête de la Somivac et en même temps consultant dans un grand cabinet de la place. Nous avons eu recours également au service du Cres (Consortium pour la recherche économique et sociale) qui est également un regroupement de professeurs chercheurs, chacun étant expert dans son domaine. Je peux citer Abdoulaye Diagne et Abdoulaye Sakho, juristes de renommée. Nous avons un consultant Pape Ibrahima Bèye, un ancien du BIT (Bureau international du travail, NDLR) et M. Ababacar Samb, lui aussi consultant international. Nous avons discuté, nous avons évalué aussi bien avec le ministère de l’Economie et des Finances que la Direction générale de la Statistique et le ministère à travers la Direction générale en charge des politiques publiques dont le directeur général est M. Mayacine Camara. Véritablement au terme des trois jours, nous avons convenu avec le ministère de l’Economie et des Finances de définir des indicateurs de suivi de la stabilité sociale. Pourquoi nous avons opté pour cette thématique ?

Comme tout le monde a constaté l’année passée une stabilité dans le secteur éducatif et il faudrait avec les partenaires sociaux savoir quels sont les avantages comparatifs par rapport à cette stabilité. Il ne s’agit pas juste de faire le constat mais nous voulons montrer aux partenaires sociaux ce qu’apporte en termes d’avantages une année sans grève dans le secteur de l’éducation et aussi dans les autres secteurs. La stabilité doit avoir des indicateurs et cela nous permettra de suivre comme un tableau de bord comme tous les autres indicateurs. Or ces indicateurs n’étaient pas dans le document de référence. Après plusieurs réunions avec le ministère des Finances, nous avons convenu de définir ces indicateurs. Et il les prendra en compte dans le cadre général qui est déjà dans le dispositif général mis en place et cela nous permettra comme un tableau de bord de veiller à cette stabilité. C’était vraiment l’objectif de nos travaux.

Donc on peut dire avec cet aréopage de personnalités qui ont participé aux travaux que les objectifs sont atteints ?

Nous sommes sortis très satisfaits de cette session et comme je le dis souvent aux conseillers, il faut oser visiter les problématiques qui semblent parfois les plus ardues. C’est notre rôle puisque nous sommes dans la recherche-action. Nous sommes là par le dialogue social voir comment jouer sur le binôme économique-social du pays. Nous ne devons plus attendre que les crises s’installent pour réagir. Nous devons être dans la prévention des conflits plutôt que dans leur résolution.

Si nous voulons être pro-actifs, comme nous l’avons fait dans le secteur de la santé en anticipant avec le ministère de la Santé. Nous avons été une force de régulation, nous avons saisi les autorités de tutelle et la crise qui couvait a été jugulée. Par conséquent, de plus en plus, il y a le réflexe des travailleurs de venir vers nous et nous déroulons au niveau du Haut conseil notre stratégie pour prévenir la crise et trouver des solutions idoines. C’est ce réflexe que l’on voulait créer chez les syndicalistes, chez le gouvernement et chez le patronat. Et Dieu merci, cela est en train de se faire.

Et quelles sont les perspectives en direction de la 10e assemblée ?

La 10e assemblée va porter sur la rentrée. On va préparer la rentrée scolaire 2017-2018. Nous partons avec un acquis : la stabilité de l’année dernière. Nous allons rencontrer les syndicats les plus représentatifs. Avec les élections de représentativité dans le secteur de l’Education, nous avons sept syndicats les plus représentatifs que nous avons déjà rencontrés et nous avons déjà convenu ensemble du format. Il sera d’abord pour nous d’évaluer le niveau d’exécution des accords qui avaient été signés et après cette évaluation, il faudra procéder à une formation des acteurs sociaux dans le secteur social en dialogue social et en négociation collective parce que cela va de pair.

Sans formation, ils ne pourront pas appréhender les enjeux du dialogue social, ni les enjeux de la stabilité. Par exemple, ce que nous avons fait à la 9e session en termes d’identification d’indicateurs de suivi de la stabilité, il faudrait qu’on puisse le partager avec eux pour que nous partions sur les mêmes bases et nous allons veiller pendant le déroulement de l’année à ce que, vraiment, l’acquis de 2016-2017 soit consolidé. Je crois qu’ils ont bien compris eux aussi notre démarche et nous sommes déjà d’accord sur le format de la prochaine assemblée avec les syndicats de l’Education concernés.

Propos recueillis par Serigne Saliou Guèye

Source: Lessentiel.sn

Atteinte de la croissance forte et durable, Le dialogue social comme viatique

La 9ème assemblée plénière du Haut conseil du dialogue social (Hcds) s’est ouverte hier, lundi 21 août. Placée sous le thème «Le dialogue, un mécanisme de contribution à la formulation des objectifs de développement économique et social et un outil d’accroissement de l’impact socio-économique des entreprises multinationales », la rencontre permet de réfléchir sur l’impact socio économique des sociétés multinationales et le dialogue social. Non sans indiquer la réflexion sur des perspectives d’exploitation de nos ressources minières.
 
Dans l’optique d’atteindre les objectifs de croissance par le dialogue social, le Haut conseil du dialogue social (Hcds) organise depuis hier, lundi 21 août, sa 9ème assemblée plénière sur le thème «Le dialogue, un mécanisme de contribution à la formulation des objectifs de développement économique et social et un outil d’accroissement de l’impact socio-économique des entreprises multinationales».

En effet, si la rencontre est axée sur ce thème, c’est parce que la «croissance forte durable, d’éradication de la pauvreté et du développement humain durable à l’horizon 2035 assignés au Plan Sénégal émergent (Pse) requiert l’instauration et la consolidation d’un climat social apaisé ». Poursuivant son propos, la présidente du Hcds, Innocence Ntap Ndiaye,  a fait savoir que dans un «environnement marqué par une conjugaison de facteurs multiples, complexes, changeants à mutation rapide, il est souhaitable de disposer d’outils de modélisation pour des décisions appropriées».

Prenant part à la rencontre, le 2ème vice-président du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Mody Guiro a magnifié l’importance de l’assemblée plénière.

A l’en croire, elle consiste en une «sensibilisation qui vise à vulgariser la Déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale en vue de son appropriation par tous les acteurs susceptibles de contribuer à son opérationnalisation».

Et d’ajouter, elle a pour «objectif d’encourager les entreprises multinationales à contribuer positivement au progrès économique et social et à la concrétisation du travail décent pour tous, ainsi qu’à atténuer et à résoudre les difficultés que leurs diverses opérations peuvent soulever».

Venu présider la cérémonie, le conseiller technique au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, Chouaïbou Sonko au nom de Amadou Ba, dira, quant à lui, que le dialogue social et la pratique du tripartisme constituent des moyens appropriés pour renforcer la cohésion sociale et l’Etat de droit. «En choisissant ce thème, le Hcds démontre qu’il a la pleine mesure de sa responsabilité et se donne les moyens de l’exercer», a-t-il dit. Pour cause, martèle-t-il, le «dialogue est un instrument puissant de conception et de mise en œuvre des objectifs de développement».

En effet, dans ce contexte de découverte du pétrole et du gaz, le Haut conseil du dialogue social réfléchit pour «anticiper sur les mesures à prendre pour que l’exploitation de ces ressources se traduise à la fois par un développement économique et par un progrès social devient un impératif».

Cette 9ème assemblée plénière qui prend fin ce 24 août, va s’appuyer sur les résultats de la revue annuelle conjointe 2017, les données sur le premier recensement général des entreprises, l’état d’avancement des travaux relatifs au changement de l’année de base des comptes nationaux.

 

Mariame Djigo

Sud Quotidien du 22 août 2017

9ème Assemblée Générale: La présidente du HCDS du Sénégal, Mme Innocence NTAP Ndiaye se félicite du climat social dans son pays

La présidente du Haut conseil du dialogue social du Sénégal (HCDS), Mme Innocence Ntap Ndiaye, s’est félicitée lundi à Dakar de l’apaisement du climat social dans son pays, saluant les efforts du gouvernement pour promouvoir un dialogue social permanent.

S’exprimant au cours de la cérémonie d’ouverture de la neuvième assemblée plénière de son institution, Mme Ndiaye a soutenu que la croissance économique durable, l’éradication de la pauvreté et le développement humain requièrent l’instauration et la consolidation d’un climat social apaisé.

«Il est judicieux de mettre en place un dispositif et des indicateurs appropriés de suivi de la stabilité sociale arrimé au cadre harmonisé de suivi-évaluation des politiques publiques», a-t-elle déclaré.

L’assemblée plénière du HCDS, qui prendra fin ce jeudi, est placée sous le thème «Le dialogue social: un mécanisme de contribution à la formulation des objectifs».

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des responsables des principales centrales syndicales du pays dont celui de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), Mody Guiro.

Le HCSD est une institution nationale tripartite regroupant les représentants de l’Etat, des employeurs et des travailleurs, mis en place après les élections de représentativité des centrales syndicales qui s’étaient déroulées le 20 avril 2011.

Il a pour missions, entre autres, de procéder à des facilitations et à des médiations sociales entre les acteurs sociaux, d’appuyer et de former les acteurs en matière de prévention, de gestion et de résolution des conflits sociaux et de mettre en place des mécanismes adaptés de dialogue social à l’échelle nationale et sectorielle.

Le Haut conseil doit aussi mener ou faire mener toute étude jugée utile sur la situation et les perspectives du dialogue social et établir un rapport annuel sur l’état du dialogue social qui sera soumis au président de la République.

 

Source: PANAPRESS

9ème Assemblée plénière du Haut Conseil du Dialogue Social : Innocence NTAP Ndiaye invite à renforcer le dialogue social

Pour une stabilité sociale, travailleurs et employeurs doivent dialoguer, a réitéré hier la présidente du Haut conseil du dialogue social. Mme Innocence Ntap Ndiaye présidait l’ouverture officielle de leur assemblée plénière.
La 9ème assemblée plénière du Haut conseil du dialogue social (Hcds) s’est ouverte hier à Dakar sur le thème: « le dialogue social, un mécanisme de contribution à la formulation des objectifs (…)». La présidente du Hcds, Mme Innocence Ntap Ndiaye, a dit que l’atteinte des objectifs de croissance durable, d’éradication de la pauvreté et de développement humain durable à l’horizon 2035 assignés au Plan Sénégal émergent (Pse) requiert l’instauration et la consolidation d’un climat social apaisé. D’après l’ancien ministre d’Etat, dans un environnement marqué par une conjugaison de facteurs multiples, complexes à mutation rapide, il est souhaitable de disposer d’outils de modélisation pour des décisions appropriées. « Il est judicieux de mettre en place un dispositif et des indicateurs appropriés de suivi de la stabilité sociale arrimés au Cadre harmonisé de suivi-évaluation des politiques publiques », a indiqué Mme Ndiaye. La présidente du Hcds a abordé la découverte de gisement important de pétrole et de gaz. Sur ce cas précis, le Haut conseil compte réfléchir par anticipation pour un développement économique et un progrès social.
Le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), Mody Guiro, a fait savoir que la déclaration sur les entreprises multinationales par toutes les parties intéressées contribuera à l’instauration d’un climat propice au travail décent, à une croissance économique et la nécessité de l’application par toutes les parties. De son côté, Chouaïbou Sonko, conseiller technique au Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, a loué le rôle que joue le Hcds pour un climat social tranquillisé. Et de reconnaître que le dialogue est un levier puissant de construction. La session plénière prend fin ce jeudi 24 du mois.
Serigne Mansour Sy CISSE
Extrait du journal « Le Soleil » du 22 août 2017